Il ne s’agit pas seulement de virtuosité. Franz Liszt ne se contentait pas de jouer des notes. Il jouait le rôle de conservateur. Avant de devenir une rock star au XIXe siècle, il était le plus ardent défenseur de la musique, mais il était ignoré du public. Il a pris des œuvres de Johannes Sebastian Bach, Ludwig van Beethoven et Hector Berlioz, les a arrangées pour piano seul et les a interprétées à une époque où presque personne d’autre ne le ferait.
Sa stratégie est brutale dans sa simplicité. Certaines personnes peuvent écouter l’abrégé pour piano sans entendre la symphonie complète. Il a écrit un livre sur Frédéric Chopin et a décortiqué “Lohengrin” et “Tannhäuser” de Richard Wagner. Il s’est également penché sur les nocturnes de John Field. Il a donné son nom à ces interprétations. Ce nom a beaucoup de poids. Cela a obligé la salle à faire attention.
Les résultats? Immédiat. Bach était presque oublié en dehors de l’église et avait soudain un champion. Les sonates ultérieures de Beethoven, jugées trop difficiles et trop longues, trouvèrent une nouvelle vie entre les mains de Liszt. Les textures orchestrales complexes de Berlioz ont été distillées en quelque chose qu’un seul pianiste pouvait conquérir. Liszt n’a pas seulement joué cette musique. Il l’a ressuscité.
Il n’hésite pas à exprimer son influence. Il comprend que la célébrité est un levier. Il a utilisé sa renommée pour ouvrir les portes aux compositeurs qui avaient du mal à se faire entendre. Ce n’est pas sous-estimé parce que la musique est mauvaise. C’est sous-estimé car difficile d’accès. Liszt le rend accessible.
Aujourd’hui, nous nous souvenons du compositeur. On se souvient à peine de l’arrangeur. Mais sans l’arrangement de Liszt, le canon du XIXe siècle aurait pu être très différent. Il ne jouait pas seulement du piano. Il a joué l’histoire de la musique. Et il a changé la clé.






















